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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 22:04

Château

Class.t

R. L.

WA

RVF

B & D

WS

 

R. Lévy sur 3 étoiles, RVF, Bettane et Desseauve sur 20

R. Parker (WA) et Wine Spectator sur 100 pts

Pape Clément B

PL

***

91-93

17,5-18,5

NN

 

Pape Clément R

GCC

*

94-96

17,5-18,5

17,5

89-92

Picque Caillou B

PL

 

NN

ND

13

 

Picque Caillou R

PL

**

NN

ND

15

 

Smith Haut-Lafitte B

GCC

**

91-93

17,5-18,5

17,5

 

Smith Haut-Lafitte R

GCC

**

93-95

17-18

18

89-92

Chantegrive Cuvée Caroline B

G

ND

83-85

ND

16

 

Chantegrive R

G

ND

84-86

ND

14,5

 

Floridène B

G

ND

NN

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17

 

Floridène R

G

ND

NN

ND

15,5

 

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 22:00

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R. Lévy sur 3 étoiles, RVF, Bettane et Desseauve sur 20

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Haut-Bergey B

PL

**

89-91

ND

15

 

Haut-Bergey R

PL

*

92-94

ND

16

 

La Garde B

PL

 

NN

ND

16

 

La Garde R

PL

**

86-88

ND

15

85-88

La Louvière B

PL

**

88-90

16-17

16

 

La Louvière R

PL

 

84-86

15,5-16,5

17

85-88

Larrivet-Haut-Brion B

PL

 

90-92

16,6-17,5

17

 

Larrivet Haut-Brion R

PL

*

90-92

15,5-16,5

17

87-90

Latour-Martillac B

GCC

**

88-91

16-17

17

 

Latour-Martillac R

GCC

*

87-89

15,5-16,5

17

 

Luchey-Halde B

PL

**

86-88

ND

ND

 

Luchey-Halde R

PL

*

85-86

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Malartic-Lagraviere B

GCC

**

NN

17-18

17

 

Malartic-Lagraviere R

GCC

**

91-94

17-18

17

88-91

Clos Marsalette B

PL

**

NN

ND

ND

 

Clos Marsalette R

PL

 

90-92

ND

ND

87-90

Olivier B

GCC

**

86-88

15-16

15

 

Olivier R

GCC

***

88-90

15,5-16,5

16

87-90

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 21:56

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B & D

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R. Lévy sur 3 étoiles, RVF, Bettane et Desseauve sur 20

R. Parker (WA) et Wine Spectator sur 100 pts

 

Haut-Brion B

PL

***

ND

18,5-19,5

17,5

93-96

Haut-Brion R

1er GCC

***

95-97

18,5-19,5

18,5

 

La Mission Haut-Brion

GCC

***

94-96+

17,5-18,5

18

91-94

Laville Haut-Brion

GCC

ND

NN

17,5-18,5

17,5

 

Bouscaut B

GCC

**

NN

16,5-17,5

17

 

Bouscaut R

GCC

*

NN

15-16

15,5

85-88

Branon R

PL

 

94-97

ND

ND

87-90

Brown B

PL

ND

NN

ND

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Brown R

PL

ND

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ND

ND

 

Carbonnieux B

GCC

 

88-90

16-17

16

 

Carbonnieux R

GCC

**

90-92

15,5-16,5

17

 

Carmes Haut-Brion

PL

**

88-90

15,5-16,5

16,5

 

Cantelys B

PL

 

NN

ND

ND

 

Cantelys R

PL

*

87-88

ND

ND

85-88

De Chevalier B

GCC

***

90-92+

18-19

17,5

 

De Chevalier R

GCC

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92-94

17,5-18,5

18

90-93

Couhins Lurton B

GCC

***

NN

ND

ND

 

Couhins-Lurton R

PL

 

NN

ND

ND

 

De France B

PL

*

86-88

ND

15,5

 

De France R

PL

 

87-88

ND

17

 

De Fieuzal B

PL

**

88-90

16-17

16

 

De Fieuzal R

GCC

**

90-93

15-16

16,5

87-90

Haut-Bailly

GCC

**

95-97

17,5-18,5

17

 

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 21:52

Mes dégustations précédentes ont laissé de côté quelques vins prestigieux, que j’ai eu l’occasion de goûter plus récemment. Je veux ici énoncer un avertissement : ces vins ont été goutés six semaines plus tard que le gros de mes dégustations. Les prises de bois notamment, me semblent plus assurées, plus digérées. D’autre part les conditions de dégustation étaient différentes. Cependant, je pense pouvoir en tirer des enseignements intéressants, que je vous soumets maintenant.

 

VIEUX CHATEAU CERTAN (Pomerol) : Nez extrêmement noble et élégant. Sans être un monstre de densité, la bouche est superbement constituée, d’un équilibre très classique, avec des tanins très soyeux. ***

D’ISSAN (Margaux) : Couleur profonde. Le nez est ici aussi très élégant, avec des notes florales qui dominent les fruits noirs. La bouche se montre d’une grande délicatesse, d’autant que les tanins sont à la fois soyeux et parfaitement mûrs. **

GRAND PUY LACOSTE (Pauillac) : Couleur profonde. Le nez est d’une très belle finesse. La bouche amplifie cette impression d’élégance, de séduction, de finesse. Ses tanins sont très soyeux et en font décidément un vin d’une grande séduction. **

CALON-SEGUR (Saint-Estèphe) : très belle couleur, profonde. Le nez est très mûr, de petits fruits noirs, avec des notes de poivrons grillés, d’épices. La bouche ample et élégante, sur une belle structure. Tanins très fins. **

MONTROSE : Très belle couleur, dense. Le nez est extrêmement raffiné, élégant. La bouche très classique, avec un magnifique développement vertical. Tanins soyeux. ***

COS D’ESTOURNEL (Saint-Estèphe) : Plus expressif au nez que Montrose, avec un fruit plus exubérant. La bouche est très classique, fine et élégante, avec des tanins soyeux. Cependant, il me semble que cette séduction repose sur une structure moins marquée que Montrose. **

MISSION HAUT-BRION (Pessac-Léognan) : Couleur dense et profonde. Le nez est superbement élégant, expressif. La bouche est très sensuelle, caressante, crémeuse. Les tanins sont extrêmement soyeux. ***

HAUT-BRION (Pessac-Léognan) : Comme toujours, HB est moins sensuel que MHB, mais avec une structure très serrée, verticale et des tanins très suaves, c’est aussi un vin magnifique. ***

MARGAUX (Margaux) : Un peu moins de couleur que les autres premiers. Le nez présente une note de poivron. La bouche se présente un peu désunie. Malgré la noblesse aromatique il me semble un ton en dessous. *

MOUTON-ROTHSCHILD (Pauillac) : Couleur dense. Le nez est très complexe, élégant. Ici aussi on a affaire à un vin d’une belle sensualité, d’un beau volume, avec une structure conséquente. Beaux tanins. ***

LAFITE-ROTHSCHILD (Pauillac) : Une taille au-dessus de tous autres. C’est un vin d’un format exceptionnel, avec une densité, une structure, une puissance énormes. Il est d’autre part pourvu de tanins riches et serrés. ***

HAUT-BRION BLANC : Nez moyennement puissant, avec une note fumée marquée. La bouche est tendue et minérale. C’est un vin déjà sur la réserve, mais sa puissance lui assure un bel avenir ***

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 14:33

L'appellation Cru Artisan est très ancienne en Médoc. Elle trouve sa place dès l'installation de la vigne comme culture dominante, au XVIIème siècle. Les plus belles propriétés appartenaient à la noblesse, le plus souvent de robe, bordelaise. Les propriétés secondaires appartenaient à des bourgeois, de Bordeaux et du Médoc. La petite propriété paysanne, souvent héritière des tenures du Moyen-Age, prit le nom de crus artisans car les propriétaires devaient exercer une autre profession que la culture de la vigne pour subsister. D'ailleurs, ce cas de figure s'est retrouvé au XXème siècle avec de nombreux vignerons coopérateurs, exerçant une autre profession que la seule viticulture. depuis 1989, le syndicat des Crus Artisans a essayé (et réussi) à faire reconnaître ce classement, disparu dans les années '30. L'Union Européenne tout d'abord, en 1994, puis la France en 2002 ont reconnu ce classement. 44 crus seulement en font partie actuellement, couvrant les appellations Médoc, Haut-Médoc, et les appellations communales du Médoc : Margaux, Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe, Moulis et Listrac.

Pendant la semaine des primeurs, j'ai eu l'occasion de déguster quelques-uns des crus artisans (tous n'étaient pas là), dans le cadre discret de la salle des fête d'Arcins. C'est extrêment intéressant de se retrouver au contact de cette viticulture "de terrain", où les vignerons font eux-mêmes leur vin, sans conseiller ou oenologue prestigieux. On y fait souvent le vin comme le père et le grand-père, sans trop se préoccuper des modes, sans grands moyens, mais avec passion. Je vous invite à les découvrir :

BEGADAN (Médoc) à Bégadan : Couleur moyenne. Joli fruit, très net. La bouche est fluide. L'ensemble est facile, coulant, sur le fruit.
BEJAC-ROMELYS (Médoc) à Saint Yzans de Médoc : Couleur assez profonde. Le nez sur les fruits noirs. La bouche a une certaine densité de matière, de la structure, et les tanins sont serrés.
GARANCE HAUT-GRENAT (Médoc) à Bégadan : Joli nez de fruits noirs. La bouche est asez fluide, avec cependant des tanins serrés, légèrement secs.
LES GRAVES DE LOIRAC (Médoc) à Jau Dignac et Loirac : Joli fruit. La bouche est harmonieuse, bien composée, avec de la profondeur. Joli vin. *
HAUT-BLAIGNAN (Médoc) à Blaignan : Couleur profonde. Joli nez élégant. La bouche a une matière assez dense, avec des tanins soyeux. **
LA TESSONNIERE (Médoc) à Civrac en Médoc : Couleur assez dense. Le nez est assez discret. Bouche avec un peu de matière et des tanins légèrement secs.
de COUDOT (Haut-Médoc) à Cussac Fort-Médoc : Le nez n'est pas très agréable, feuilles mortes, mouillées. La bouche a une densité moyenne. A revoir.
de LAUGA (Haut-Médoc) à Cussac Fort-Médoc : Le nez est assez intéressant mais la bouche s'achève par des tanins secs et légèrement amers.
d'OSMOND (Haut-Médoc) à Cissac-Médoc : Couleur moyenne. L'expression aromatique est faible et les tanins semblent manquer de maturité.
GRAND BRUN (Haut-Médoc) à Cussac Fort-Médoc : Couleur assez dense. Le nez est discret, avec des notes de poivron. La bouche a une densité moyenne avec des tanins qui manquent de maturité.
LE BEYAN (Haut-Médoc) à Arcins : Couleur moyenne. Ici aussi il y a un manque de maturité des tanins qui rend la bouche difficile.
MICALET (assemblage merlot) (Haut-Médoc) à Cussac Fort-Médoc : De la couleur, du fruit et une bonne matière. Les tanins sont cependant légèrement végétaux.
MICALET (assemblage cabernet) : Moins brillant aromatiquement, il offre plus de matière et de maturité au niveau des tanins.
TOUR BEL AIR (Haut-Médoc) à Cissac-Médoc : Gazeux, sans finesse et tanins verts.
VIEUX GABARREY (Haut-Médoc) à lamarque : Le nez n'est pas net et le vin est très rustique, manque de finesse et d'élégance.
BEHERE (Pauillac) à Pauillac : Couleur dense. Le nez a de la personnalité, une classe certaine, avec une matière serrée et des tanins mûrs. **
des GRAVIERS(Margaux) à Arsac : Couleur moyenne. Le nez est élégant et la matière cohérente. L'ensemble est harmonieux. Bons tanins. *
MOUTTE BLANC (Haut-Médoc) à Macau : Couleur assez dense. Le nez est de bonne qualité. La bouche a de la chair avec des tanins mûrs. *
MOUTTE BLANC (Margaux) à Macau : C'est original, c'est un 100% merlot. Beaucoup de couleur. Le nez est puissant, avec de l'élégance. La bouche présente une bonne matière, de la structure, des tanins serrés. **
LA PEYRE (Saint-estèphe) : Beaucoup de couleur. Le nez est marqué par un boisé un peu planche. La bouche présente une bonne matière avec des tanins très satisfaisants. *
CLOS DE BIGOS (Margaux) à Soussans : Bonne couleur. Joli nez finement boisé, élégant. Bouche bien concentrée, avec du style. Les tanins sont bons, mûrs. **

Certains propriétaires ont eu la bonne idée de présenter également lors de cette dégustation quuelques vins livrables.

MICALET 2006 : Belle couleur. Le nez est élégant, bien défini, appétissant. Bouche bien constituée. Bons tanins fins. Bien *
LA PEYRE 2004 : Joli vin, bien constitué, avec une belle harmonie, de la profondeur, de la structure. Bons tanins. *
CLOS DE BIGOS 2006 : Le nez n'est pas net, mais la constitution est bonne avec des tanins très représentatifs du millésime, une certaine austérité.
des GRAVIERS 2006 : Le nez  a de l'élégance, de l'expression et la bouche est remarquablement composée. C'est très bien vinifié, avec de beaux tanins, très qualitatifs. **




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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 09:09

Il me faut tout d’abord répéter mes « fondamentaux, de façon à ce que nous nous comprenions bien. La dégustation de longues séries de vins est un exercice délicat. Tout jugement définitif est à exclure. A cause de la saturation des papilles gustatives, le dégustateur, s'il n'y prend pas garde, a tendance à privilégier la puissance au détriment de tous autres paramètres. Lorsque je me trouve dans ce cadre de dégustation, j'évite de passer trop de temps sur l'aspect aromatique, si fluctuant dans le temps et, il faut bien le dire, proche d'un vin à l'autre quand on déguste des séries de vins issues des mêmes cépages. En revanche, je concentre toute mon attention sur l'équilibre interne du vin, entre l'alcool, les tanins, l'acidité, la "chair". Ce sont, me semble t’il, au regard du potentiel de vieillissement, et, mieux, d'évolution harmonieuse dans le temps, les éléments non variables qui définissent le mieux la personnalité de chaque vin, au delà de son terroir, de son encépagement, et même de la qualité de sa vinification. Car, quand on goûte des vins 6 mois après la vendange, que goûte t'on sinon, d'abord, la vinification. Le terroir, qui est la vraie, l'unique définition de chaque vin, n'apparaîtra qu'au fil du temps, mis en lumière, de façon plus ou moins réussie, par cette vinification.


La dégustation des millésimes qui se sont succédés depuis le début du 21ème siècle est passionnante tant les situations sont variées : 2001, discret dans l’ombre du solaire 2000, classique, si charmeur. 2002, plus difficile, ayant donné de jolis vins de cabernet dans le Médoc et sur la côte de Saint-Emilion. 2003, millésime d’excès, celui de la canicule, avec des vins parfois très déséquilibrés, souvent un colosse aux pieds d’argile. 2004, proche de 2001 par son équilibre, son charme. 2005, le millésime de l’exception climatique, pas trop de chaleur mais peu d’eau, de la concentration, de l’équilibre. 2006, millésime austère, très sur son quant-à-soi, un millésime de patience. 2007, millésime d’un été maussade, aux vins charmeurs, avec peu de défense tannique. Et puis 2008. Lui aussi est le millésime d’un été peu ensoleillé. Début septembre on pouvait craindre le pire sous les averses continues de pluie. Et puis la fin de l’été dans le golfe de Gascogne, avec ses journées fraiches et ensoleillées, son vent d’est… Les vignerons bordelais les plus exigeants et les plus patients ont eu tout leur temps pour ces vendanges extrêmement longues (quasiment deux mois), qui ont permis de ramasser des raisins parfaitement mûrs.

Il y a, il faut le dire aussi, tous les changements qui sont intervenus dans les vignes de nos châteaux depuis ce début de siècle. Les rendements ont été revus à la baisse, en même temps que l’usage d’engrais et de produits phytosanitaires réduit. La qualité du tri s’est améliorée presque partout. Enfin, depuis 2003, on a pris conscience de la dualité de la maturité du raisin : maturité du jus (alcool-acidité) d’une part, maturité phénolique (peaux et pépins) d’autre part. On sait maintenant qu’il faut la concordance de ces deux maturités pour arriver à un vin de grande qualité. A ces titres 2003 et 2007 sont des millésimes qui présentent les mêmes symptômes. Les vignerons qui ont su (par les soins apportés à la vigne, aux modes de culture) parvenir à une parfaite concordance de maturité  y ont fait de très bons vins. Ceux qui n’ont pas atteint ce stade présentent des vins trop alcoolisés mous et verts (2003) et élégants, expressifs mais aux tanins végétaux (2008).

Cette année n’est toutefois pas très homogène dans ces différents terroirs. En Pessac-Léognan, on a des vins le plus souvent très charmeurs en rouges, avec une grande qualité de fruit et de beaux tanins. Ils sauront séduire vite tout en pouvant se garder 10 à 15 ans. Les vins blancs sont fins, gracieux mais m’ont semblé moins complets que ceux de 2006 ou de l’incomparable 2001. En règle générale, l’année est difficile sur Margaux. De nombreux vins manquent de corps, et présentent de plus, des notes végétales. Quelques belles réussites cependant, des plus classiques, avec Malescot Saint-Exupéry, les deux Rauzan, ou encore le plus modeste Monbrison, qui mérite d’être cité pour sa justesse. Dans ce sud Médoc il faut saluer le retour au plus haut niveau de La Lagune, très belle réussite. Saint-Julien est égal à lui-même, avec une réussite générale. Elégance, charpente, qualité des tanins, on est ici tout près de 2005. Je veux citer deux vins en particulier, Léoville-Poyferré, à la classe exceptionnelle, et Saint-Pierre, dont la notoriété devrait grandir dans les années à venir. Pauillac et Saint Estèphe présentent également une belle réussite générale. Plus que les grands noms, qui sont à la hauteur de leur réputation, je veux citer deux châteaux qui n’ont pas toujours été à pareille fête : Croizet-Bages et Lynch-Moussas.

Sur Saint-Emilion il me semble que la côte et le bord du plateau sont particulièrement privilégiés, avec des réussites exceptionnelles : Pavie, Pavie-Macquin, Larcis-Ducasse, Saint Georges Côte Pavie, Clos Fourtet, Troplong-Mondot, ou encore La Clotte. Mais les autres terroirs sont également très bons. Pomerol présente surtout des vins fins, élégants, délicats, mais ne bénéficiant pas d’un corps très dense. Ils seront superbes dans 10 à 15 ans pour les meilleurs, et bien avant pour les autres.

Quand aux Sauternes et Barsac, je pense que peu proposent des vins richement botrytisés. Millésime léger en liqueur il se goutera avec plaisir avec quelques années d’évolution.

Et l’achat  en primeur ? Les premiers prix de sortie montrent un retour à la raison. On peut, cette année trouver des vins à un tarif en baisse de 30 à 40 %. Les spéculateurs, étrangers au vin, qui avaient fait exploser les tarifs à partir du millésime 2005 ont d’autres chats à fouetter. Les amateurs ont donc une chance de trouver d’excellents vins à des prix décents. 2008 est un millésime de petit volume, ce qui va le protéger d'un diffusion trop large, de grande qualité, avec un prix de sortie correct. On ne trouve pratiquement pas, sur la place de Bordeaux, de vins disponibles moins chers que ce millésime. Il a plus de chance d’offrir une bonne progression dans les années à venir que 2005, bloqué par ses prix de sortie très hauts et qui doit être considéré comme un placement à long terme. 2006 et surtout 2007 courent, eux, le risque d’être confrontés aux réalités de la crise mondiale. Des déstockages violents risquent de se produire sur ces deux millésimes. Il y a le risque de retrouver des « affaires » sur les vins du millésime 2007 en grande distribution ou non.

Ce millésime doit donc intéresser au premier chef les acheteurs européens traditionnels, qui seront satisfaits de retrouver : 1) un très bon millésime, 2) un millésime de petit volume, 3) un millésime proposé à des prix plus abordables. Ils pourront, en prenant en compte ces trois éléments,  compter sur une probabilité non-négligeable de plus-value.

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:29

Je veux faire ce petit article, très court, pour revenir sur cette appellation, qui n'a pas encore toute sa place. Il y a quinze, vingt ans, l'Entre-Deux-Mers (cette magnifique zone aux paysages doucement vallonnés, de vieille civilisation avec ses abbayes romanes de La Sauve Majeure, Blasimon, La Réole, Saint-Ferme, située entre Garonne et Dordogne) produisait des vins blancs mal définis, aux arômes de buis, quelquefois légèrement sucrés, lourdement soufrés.

Ce temps est révolu. De nombreux propriétaires nous proposent maintenant des vins aromatiquement parfaits, très mûrs, évitant toutes notes végétales, très purs. En voici quelques-uns qui satisferont les amateurs de vins blancs agréables dès l'aperitif, et pouvant assumer des huîtres, des charcuteries, ou des poissons grillés.

BONNET: Voilà longtemps qu'André Lurton a fait de sa place forte de Grézillac (120 ha de vignes) un modèle de ces vins de plaisir. Très pâle, presque blanc. D'une grande délicatesse au nez, floral, genet, fruits blancs, la bouche est très légère, fine, fraîche. **
MARJOSSE: A quelques centaines de mètres de là, son neveu Pierre Lurton, directeur de Cheval Blanc et Yquem, propose lui aussi un merveilleux vin blanc sec. Joli nez avec un fruit de qualité, vif, floral. Notes poivrées et mentholées. Bouche ample. **
THIEULEY : (Lui est vendu sous l'appellation Bordeaux blanc) A l'ombre de l'abbaye de La Sauve Majeure, Francis Courselle est également un pionnier de la haute qualité dans l'EDM. Très franc, très expressif avec un superbe volume en bouche. On est plus dans le registre du fruit exotique, ananas, litchi. C'est plus riche et plus gras que les précédents. ** A noter : il produit une cuvée "Francis Courselle" plus riche et boisée qui n'entre pas dans le registre des vins dont je veux vous parler ici.
SAINTE-MARIE VIEILLES VIGNES: Joli nez expressif avec des notes d'agrumes, ici c'est plutôt du pamplemousse, une pointe de zeste d'orange. La bouche est rafraîchissante. Il est vif avec une belle expressivité. **

Ce sont les châteaux goûtés récemment qui entrent dans cette catégorie des vins apportant beaucoup de plaisir.

D'autres, que j'ai eu l'occasion de déguster plus anciennement, méritent aussi votre attention. Je veux en citer quelques-uns, mais la liste n'est pas exhaustive : Château Fontenille, Château Nardique La Gravière, Château La Grande Métairie, Château La Freynelle, Château Tour de Mirambeau, Château Lestrille, Château Castenet-Greffier, Château La Commanderie de Queyret, Château Vrai Caillou.

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 15:38

Dégustés au Cercle Rive Droite, Château Grand Barrail.

HOSTENS-PICANT blanc(Bordeaux Sainte-Foy) : A la fois riche de notes d'agrumes bien mures, d'une belle amplitude, très bel équilibre. C'est superbe. Le travail effectué avec Stéphane Derenoncourt porte ici ses fruits et donne un vin plus élégant que par le passé, avec la marque d'un grand équilibre. **
THIEULEY blanc (Bordeaux) : Très franc, très expressif, avec un superbe volume en bouche, du gras, de l'ampleur. Magnifie le nom de Bordeaux. **
SAINTE-BARBE Rosé (Bordeaux rosé) : Joli fruit flatteur, sur des notes de fraises, de cassis. Beaucoup de charme et d'expression avec une fraîcheur équilibrant l'ensemble. *
PENIN Rosé (Bordeaux rosé) : Ici aussi, de beaux arômes de fruits rouges, framboise, fraise, cerise. Une belle vivacité lui assure un magnifique caractère désaltérant. *
SAINTE-MARIE VIEILLES VIGNES (Bordeaux supérieur): Beaucoup de couleur. Arômes de mûre, avec cependant des notes de boisé chaud. la bouche est ronde et souple.
HOSTENS-PICANT rouge(Bordeaux Sainte-Foy) : (goûté trop chaud). Fruit explosif, mûre et framboise dominant. La bouche est très souple, élégante, gourmande. Tanins souples. *
HOSTENS-PICANT CUVEE LUCULLUS(Bordeaux Sainte-Foy): Encore plus dense que la cuvée château, comme c'est normal. De la puissance, le boisé est légèrement lourd mais le vin tient le choc. Le fruit est impressionnant et la qualité des tanins aussi. Plus que la puissance, qui a toujours été présente dans ce vin, c'est à une amélioration de l'élégance, de l'équilibre, que semblent arriver Nadine et Yves Picant.***
BEL AIR LA ROYERE(Blaye) : Belle couleur pourprée, dense. Le nez est très élégant, on a vraiment un nez de classe. La bouche est très serrée, très tendue avec de beaux tanins. On est ici tout près de 2005. ***
PEY LA TOUR RESERVE DU CHATEAU (Bordeaux supérieur) : Beaucoup de couleur comme toujours pour ce vin. Mûre très forte au nez. La bouche est assez dense, bien habillée d'un très beau bois. *
CAP DE FAUGERES (Côtes de Castillon) : Très juste, avec une bonne matière, du jus, du charme et des tanins de qualité. Très régulier à ce niveau, même avec le changement de propriétaire. *
FAUGERES(Saint-Emilion Grand Cru) : Beaucoup d'élégance et d'équilibre dans ce vin. Rien de trop. Bon élevage, des tanins de qualité. Largement au niveau de certains crus classés de Saint-Emilion. **
FAUGERES CUVEE PEBY(Saint-Emilion Grand cru) : L'équilibre est encore supérieur. Ce n'est pas un peu de puissance et de concentrationen plus. C'est riche sans lourdeur, pour un millésime de grande élégance. **
MESSILE-AUBERT(Montagne Saint-Emilion) : Très mûr, très charnu, gourmand des tanins bien domestiqués, inclus. **
FAIZEAU:(Montagne Saint-Emilion) : Moins puissant, il offre un très beau caractère, sur la finesse, avec des tanins à la finale légèrement végétale.
ROC DE CALON (Montagne Saint-Emilion) : C'est un vin moyennement puissant, plutôt sur la finesse, mais cela manque un peu d'expressivité. L'équilibre est cependant bon, le caractère mûr et il doit évoluer favorablement. *

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 17:00

Dégustés au Château Pavie.

SAINTE-COLOMBE : Couleur profonde. Le nez est très agréable, au fruit très pur. La bouche n'est pas très dense, mais c'est délicieux.
CLOS L'EGLISE : Beaucoup plus de matière, à a fois au nez et en bouche. C'est serré, puissant, mais sans lourdeur, très bien fait. Un pur délice. **
CLOS LES LUNELLES : Malgré son boisé un peu toasté, on est impressionné par la puissance et la texture serrée. Tanins majeurs, bien inclus et bien mûrs. **
LUSSEAU : Cela suit très bien : couleur, matière, milieu de bouche charnu, du jus, de la structure. Tanins parfaits. Joli vin assez facile d'accès. *
MONBOUSQUET : Fruits noirs (mûre surtout) très nets. Arômes de torréfaction présents mais pas dominants. La bouche est ample, avec des tanins soyeux. *
PAVIE-DECESSE : Beaucoup de couleur, bien sûr. Belle structure en bouche,avec une note fraîche, de la profondeur, et des tanins légèrement massifs cependant. **
BELLEVUE-MONDOTTE : C'est énorme de concentration, sans excès cependant.. Pas de lourdeur en bouche. La structure est très serrée, avec une belle profondeur.Tanins abondants, soyeux. ***
PAVIE: Couleur énorme ici aussi, bien dans le style de vinification. Le fruit est superbe, avec un boisé moins toasté et moins présent qu'il y a quelques années. Enorme bouche, dense, puissante, profonde, avec des tanins extr^mement soyeux. On est tout près de 2005. ***
MONBOUSQUET BLANC : Il ne faut pas oublier cette spécialité de Monbousquet, au nez extrêmement fin, avec un beau fruit, des notes d'agrumes, de menthol. La bouche est ample, avec un joli développement vertical. C'est superbe. **

Avec un style commun très riche, à la fois beaucoup de couleur, de matière, de densité, et des tanins abondants, les vins des vignobles Perse sont encore une fois superbes. Il faut toutefois noter (pour ma part avec plaisir) une nette diminution du bois neuf dans l'élevage. On a des vins plus dégagés, avec moins de notes de torréfaction,plus près du fruit.

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Published by roger lévy - dans notes de dégustation
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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 21:15

Et oui, hier, ce blog a reçu son 50000ème visiteur unique. Et comme il ne parle ni de politique ni de sexe, je prends ce résultat avec plaisir, car je pense que le sujet est moins porteur. Lorsque je l'ai créé, j'espérais des débats, des polémiques, des discussions sans fin. Rien de tout cela, quelques commentaires de temps en temps, ou plutôt des questions sympathiques. Merci tout particulièrement aux lecteurs lointains : amis belges, suisses, britanniques, allemands, facilement repérables. Merci aussi à ceux qui utilisent le traducteur de google (j'ai ainsi découvert son existence) pour essayer de comprendre mes notes, traductions anglaise, allemande, suédoise ou norvégienne - là, je ne reconnais pas!- je leur souhaite bien du plaisir si j'en crois la traduction anglaise. Merci tout particulier à Bertrand Leguern, par chez qui passent un nombre non-négligeable de visiteurs. Merci à Jean-Luc Thunevin qui apprécie mes commentaires. Puisqu'il y a des lecteurs, je peux donc continuer la tenue de ce blog.

C'est l'occasion de revenir sur le sens que je donne à mes notes, en ces temps de primeurs à Bordeaux.

 

Pour moi, tout commentaire n'est qu'une impression, avec les incertitudes que cela comporte. Certes, avec l'expérience je trouve que je me trompe peu, mais restons modeste...

 

Mon style est concis : lorsqu'on goûte plusieurs dizaines de vins dans la journée, il y a des aspects qu'on ne peut développer, le côté aromatique en particulier, car les arômes saturent vite tout le nez. Ce que je contrôle mieux et très longtemps, c'est le toucher de la bouche : déterminer si les différents éléments (chair, tanins, alcool, acidité) sont en cohérence et permettront au vin d'évoluer favorablement, plus ou moins vite certes, mais favorablement. Ainsi, je privilégie un vin avec un équilibre "bas" à un vin dont un ou plusieurs éléments sont puissants et dominants, mais qui manque de cohérence. Je note aussi très sévèrement l'élevage. Si, au bout de quatre à cinq mois seulement d'élevage d'un vin est dominé par un boisé "cache-misère", il ne trouve pas grâce à mon palais. Je me garde de tout lyrisme. Les mots sont des codes qui essaient de s'approcher au mieux des sensations. Vous savez comme moi combien il est délicat de mettre des mots sur des sensations, et que ces mots créent à leur tour une image mentale chez le lecteur.

 

Dernière précision. Je refuse la notation "américaine" sur 100. Pour ma part, je ne sais pas faire la différence entre un vin à 92 et un vin à 94 +. Des sensations pesées à 2 centièmes sur un vin de six mois...et d'autre part que vaut une échelle dont les éléments de 0 à 80 ne sont pas utilisés ? Je refuse pareillement de noter sur cinq étoiles, car tout le monde a son étoile. Je préfère noter sur trois étoiles, car l'engagement du dégustateur est plus grand. Il y a ainsi une vraie prise de parti, avec certes le risque de se tromper, que j'assume.


Il me reste encore quelques Bordeaux primeurs 2008 à vous présenter, ce que je ferai dans les jours qui viennent. A ce sujet, pas de photo cette année, j'ai consciencieusement oublié mon appareil . Veuillez excuser le manque d'aération et d'agrément aux commentaires.

Et je souhaite que vous trouviez encore de l'intérêt à ce blog, et qu'un de ces jours je vous remercie d'être revenus à 100000.

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Published by roger lévy - dans humeurs et réflexions
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