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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 22:16

C’est un plaisir et un honneur d’être convié, par une personnalité du monde du vin comme M. Bernard Magrez, à visiter trois de ses propriétés bordelaises : Château La Tour Carnet 4ème Grand Cru Classé à Saint-Sauveur et Médoc, Château Fombrauge Saint-Emilion Grand Cru, et Château Pape Clément, Grand Cru Classé de Graves à Pessac.

Le départ de cette journée se fait à l’aéroport de Mérignac, puisque c’est en hélicoptère que nous ferons les deux premiers déplacements. C’est pour moi une première et c’est une très agréable découverte, malgré les conditions atmosphériques : des grains à traverser avec un vent soufflant en rafales. Cela nous permet de survoler le Médoc viticole (Margaux, Pauillac, Saint-Estèphe).


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Approche au dessus de La Tour Carnet
Le Château La Tour Carnet, racheté par Bernard Magrez en 2000, a bénéficié depuis d’un gros programme d’investissements, tant à la vigne qu’au chai. Contrairement à beaucoup de châteaux médocains, qui ont été édifiés au XVIIIème ou au XIXème siècle, le Château La Tour Carnet a une histoire longue, qui remonte au Moyen-âge, puisque c’est au XIIème siècle que sa tour fut bâtie, en cette époque de guerre de Cent Ans, premier âge d’or du commerce des vins de Bordeaux. Cette propriété a appartenu à la sœur de Montaigne, épouse du Sire de Camin qui aurait, après de nombreuses déformations, donné son nom au Château ( !) L’ami de Michel Montaigne, La Boétie, y aurait écrit une partie de son livre majeur « Le discours de la servitude volontaire ».
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Vers les chais de La Tour Carnet

La dégustation proposée commence par le Château des Grands Chênes, autre propriété médocaine de Bernard Magrez , située, elle, à Saint-Christoly de Médoc.

 

LES GRANDS CHENES 2008 : Couleur moyenne +. Le nez est fin et élégant, d’une bonne puissance. La bouche, de densité moyenne à l’attaque, gagne cependant en profondeur, avec des tanins très soyeux. D’un beau classicisme, apte à vieillir quelques années, la pureté de ses tanins permettra de l’apprécier dès 2013. (50 % merlot, 47 % cabernet sauvignon, 3 % cabernet franc). **

LES GRANDS CHENES 2007 : Même intensité colorante. En revanche, le bois est plus présent au nez, et le style plus toasté. La bouche de demi-corps, avec toujours des tanins très fins. Aimable, facile. *

LES GRANDS CHENES 2006 : Couleur plus profonde, plus dense. Le nez est un peu plus en  retrait  à ce stade. La bouche est fine et serrée, avec cette petite touche d’austérité typique du millésime. A attendre. *

LES GRANDS CHENES 2005 : Couleur profonde. Le nez est plutôt fermé. Bouche très serrée, très structurée. Tanins très soyeux. Il a un potentiel de garde d’au moins dix ans. **

 

On note une évolution dans l’utilisation du bois en 2008, avec un style moins toasté, qui « libère » les arômes du vin. Un retour à une « buvabilité » plus grande…ce qui est le classicisme bordelais.

 

LA TOUR CARNET 2008 : Couleur assez dense à reflets bleutés. Le nez est marqué par un boisé un peu dur. La bouche est de densité moyenne, avec des tanins très fins, mais un peu durs.

LA TOUR CARNET 2007 : Bonne couleur dense. Le nez est encore très marqué par le bois. Les fruits noirs, myrtille, mûre, sont présents. La bouche est de moyenne densité, avec des tanins très fins. Bien ajusté aux capacités du millésime, ce vin plaira. *

LA TOUR CARNET 2006 : Belle densité de couleur. Le nez est fondu, avec un boisé déjà intégré. La bouche a une belle structure, c’est bien ajusté, avec des tanins encore un peu austères. Accordons lui quelques années. *

LA TOUR CARNET 2005 : Couleur très dense. Le nez est fermé, avec un boisé un peu dissocié. La bouche est extrêmement serrée, avec des tanins massifs. Très contracté actuellement, il a besoin de temps pour accorder ses faveurs. ***

LA TOUR CARNET 2004 : Couleur dense. Le nez commence à s’ouvrir, avec un boisé encore un peu présent. La bouche est charnue, ronde, avec des tanins presque fondus.  Il peut se goûter avec plaisir. **

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La dégustation de La Tour Carnet
Nous dégustons ensuite des essais de barriques, et également un essai de vinification OXO entièrement en barrique, y compris la fermentation, sur du merlot du millésime 2009. Les barriques premium de chez Radoux marquent moins le vin en l’enrobant magnifiquement. Les arômes du vin sont « libérés » de façon très intéressante. Quand à la vinification en barrique, elle augmente semble-t-il la densité du vin et produit des tanins au grain très fin. Ce genre de vinification partielle pourrait être utilisé comme « vin médecin » dans les années un peu plus légères.

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Décollage ensuite avec survol de la Garonne et de la Dordogne, en direction de Saint-Christophe des Bardes, où se trouve le Château Fombrauge. Cette grande propriété, d’une taille peu commune à Saint-Emilion (75 hectares dont 52 plantés à ce jour), a été rachetée en 1999 par Bernard Magrez. Précision géomorphologique : le plateau calcaire de Saint-Emilion se prolonge sur les communes à l’est de Saint-Emilion. Quoique réduit à l’état de lambeaux plus ou moins grands, de nombreux terroirs magnifiques s’y trouvent, dont une partie de ceux de Fombrauge.

Ici aussi, des travaux ont été entrepris pour faire franchir à Fombrauge une marche supplémentaire dans la qualité.

 

FOMBRAUGE 2008 : Belle couleur. Le nez est assez puissant, très merlot. La bouche est ronde et sensuelle, avec une jolie trame. Ce sera très agréable dans cinq à dix ans. **

FOMBRAUGE 2007 : Couleur dense. Le nez est marqué par un boisé torréfié. La bouche est ronde, charnue, avec de bons tanins. *
http://img168.imageshack.us/img168/5158/dscn0741z.jpg Au-dessus de Fombrauge


FOMBRAUGE 2006
 : Couleur moyenne. Plus fondu que les précédents. Le nez est vanillé, moka, avec un corps moyen. Les tanins commencent à se fondre, on peut commencer à le déguster. **

FOMBRAUGE 2005 : Couleur profonde. Le nez commence à s’ouvrir avec un fruit qui revient. La bouche s’arrondit, avec de la puissance qui n’empêche pas l’élégance. Les tanins sont très fins, il est presque prêt, et tiendra de nombreuses années. **

FOMBRAUGE 2004 : Trace d’évolution sur les bords du disque. Le nez commence à s’ouvrir vers de belles notes de tabac blond. La bouche est souple, caressante, joliment charnue. Tanins fondus, se goûte avec plaisir. **

MAGREZ-FOMBRAUGE 2007 : Couleur moyenne. Le nez est sur les petits fruits noirs, complexe, vanillé. La bouche est extrêmement caressante, avec des tanins veloutés. **

http://img28.imageshack.us/img28/6885/dscn0745r.jpgMAGREZ-FOMBRAUGE 2008 : Couleur profonde. Le nez est très élégant, la bouche est assez dense avec en revanche une grande profondeur. Les tanins sont encore sensibles mais on est dans le même style très caressant, très poli. **

 Nous faisons encore une dégustation des essais de barriques et de vinification OXO sur le millésime 2009, qui confirme les observations faites à La Tour Carnet. C’est peut-être encore plus convaincant ici. Un délicieux repas nous est ensuite servi dans un salon de Fombrauge.

 

Puis retour vers l’aéroport de Mérignac en hélicoptère en survolant l’Entre-Deux-Mers et en touchant les premières communes de Pessac-Léognan. Nous reprenons nos véhicules pour nous rendre au Château Pape Clément à Pessac.http://img291.imageshack.us/img291/8573/dscn0746d.jpg Nous visitons le cuvier et les chais où on peut voir le soin extrême apporté à la vendange : cagettes à la vigne puis égrappage à la main et tri sur tables par 200 personnes. La dégustation a lieu dans le pavillon du Prélat, situé dans le parc du Château, d’un magnifique style Art Nouveau.

 

CLEMENTIN DE PAPE CLEMENT 2007 : Belle couleur Le nez est moyennement puissant, sur les petits fruits noirs, mûre et myrtille particulièrement, associés à une fine vanille. La bouche présente un soyeux, une volupté remarquables. C’est d’une grande délicatesse. Peut éventuellement se boire. **

PAPE CLEMENT 2007 : Belle couleur. Le nez est délicat, finement boisé. La bouche offre une structure quand même affirmée. Tanins soyeux, très beau vin. ***

PAPE CLEMENT 2006 : Plus serré que le précédent, il a une trame dense qui évite tout côté austère. Tanins de grande classe. ***


http://img87.imageshack.us/img87/2268/dscn0769c.jpgLa salle e l'égrappage et du tri manuel de Pape Clément
PAPE CLEMENT 2004 : Le nez promet, avec de belles notes fumées et de fruits cuits. La bouche est, elle, encore enserrée dans sa structure tannique. Il a, et c’est normal pour un vin de ce niveau, encore besoin de temps. Les tannins sont malgré tout délicats, mais cette bouteille ne donne pas entièrement satisfaction à M. Magrez. La deuxième bouteille montre une couleur dense, fraîche. En effet le vin est très différent : structuré, puissant, avec une puissance et une qualité aromatique parfaites, très cohérentes. C’est là une très belle bouteille, avec une attaque superbe sur des notes empyreumatiques et un vin de beau format et parfaitement cohérent, ce que n’était pas, en effet, la première bouteille. Notons que seule la comparaison directe des deux bouteilles montrait cette différence. Un consommateur occasionnel n’aurait pu la ressentir, la première bouteille étant déjà d’une très belle qualité. *** (pour la deuxième bouteille

 

L’essai de vinification OXO est ici montré sur du cabernet sauvignon. Le vin gagne une puissance tannique extrême, mais sans astringence, sans assèchement en fin de bouche. Les tanins restent fluides, non collants en bouche.

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PAPE CLEMENT BLANC 2006 : Déjà, à cet âge, c’est très bon. On ressent au nez la présence de la muscadelle et du sauvignon gris dans l’encépagement. C’est un vin délicat, d’un style plutôt rond et puissant.

PAPE CLEMENT BLANC 2007 : Ce millésime est plus tendu par une acidité plus nette. Il est droit et certes, moins riche que le 2006. Il se goûte parfaitement sur sa fraîcheur, sur son fruit. Mais on peut penser que sa tension acide lui permettra de franchir les années avec grâce.


La degustation à Pape Clément


Nous avons goûté de très bons vins tout au long de cette journée
, avec des vinification luxueuses, apportant le plus grand soin au traitement de la vendange, aptes à présenter les vins sous leur meilleur jour. Pourtant, et cela m'a étonné, jamais il n'a été question de terroir, de sol, de vigne. C'est le seul regret que je formulerai en remerciant encore M. Magrez.
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:29

Je veux faire ce petit article, très court, pour revenir sur cette appellation, qui n'a pas encore toute sa place. Il y a quinze, vingt ans, l'Entre-Deux-Mers (cette magnifique zone aux paysages doucement vallonnés, de vieille civilisation avec ses abbayes romanes de La Sauve Majeure, Blasimon, La Réole, Saint-Ferme, située entre Garonne et Dordogne) produisait des vins blancs mal définis, aux arômes de buis, quelquefois légèrement sucrés, lourdement soufrés.

Ce temps est révolu. De nombreux propriétaires nous proposent maintenant des vins aromatiquement parfaits, très mûrs, évitant toutes notes végétales, très purs. En voici quelques-uns qui satisferont les amateurs de vins blancs agréables dès l'aperitif, et pouvant assumer des huîtres, des charcuteries, ou des poissons grillés.

BONNET: Voilà longtemps qu'André Lurton a fait de sa place forte de Grézillac (120 ha de vignes) un modèle de ces vins de plaisir. Très pâle, presque blanc. D'une grande délicatesse au nez, floral, genet, fruits blancs, la bouche est très légère, fine, fraîche. **
MARJOSSE: A quelques centaines de mètres de là, son neveu Pierre Lurton, directeur de Cheval Blanc et Yquem, propose lui aussi un merveilleux vin blanc sec. Joli nez avec un fruit de qualité, vif, floral. Notes poivrées et mentholées. Bouche ample. **
THIEULEY : (Lui est vendu sous l'appellation Bordeaux blanc) A l'ombre de l'abbaye de La Sauve Majeure, Francis Courselle est également un pionnier de la haute qualité dans l'EDM. Très franc, très expressif avec un superbe volume en bouche. On est plus dans le registre du fruit exotique, ananas, litchi. C'est plus riche et plus gras que les précédents. ** A noter : il produit une cuvée "Francis Courselle" plus riche et boisée qui n'entre pas dans le registre des vins dont je veux vous parler ici.
SAINTE-MARIE VIEILLES VIGNES: Joli nez expressif avec des notes d'agrumes, ici c'est plutôt du pamplemousse, une pointe de zeste d'orange. La bouche est rafraîchissante. Il est vif avec une belle expressivité. **

Ce sont les châteaux goûtés récemment qui entrent dans cette catégorie des vins apportant beaucoup de plaisir.

D'autres, que j'ai eu l'occasion de déguster plus anciennement, méritent aussi votre attention. Je veux en citer quelques-uns, mais la liste n'est pas exhaustive : Château Fontenille, Château Nardique La Gravière, Château La Grande Métairie, Château La Freynelle, Château Tour de Mirambeau, Château Lestrille, Château Castenet-Greffier, Château La Commanderie de Queyret, Château Vrai Caillou.

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 21:11


A quelques semaines d'écart, deux dégustations m'ont permis de pénétrer dans deux de ces royaumes prestigieux mais discrets des vins de Bordeaux que sont les Sauternes-Barsac et Sainte-Croix du Mont. L'une comme l'autre de ces dégustations avaient pour but de rappeler à tous que les vins produits dans ce secteur étroit sont de grands vins, et qu'il est dommage de limiter leur consommation à la trilogie évidente : apéritif, foie gras, fromages bleus.

Pourquoi cette région, située de part et d'autre de la Garonne en aval de Langon a-t-elle cette faculté de produire ces vins extraordinaires ? Elle bénéficie en automne d'un microclimat particulier qui associe une humidité matinale forte à une pluviosité inférieure à celle de Bordeaux. Cette humidité est produite par la rencontre de la Garonne, large, chauffée par la traversée de l'Agenais, et de son petit affluent de rive gauche le Ciron, qui descend du plateau landais par un cours encaissé (des gorges, certes modestes, dans un environnement de sous-bois). La différence de température des eaux est propice à la formation de brouillards matinaux qui entrainent le développement sur la peau des raisins, d'un champignon microscopique, botrytis cinéréa. Ce champignon consomme 40 % du sucre du raisin, mais il pompe l'eau qui y est contenue, provoquant une dessiccation du grain pouvant aller jusqu'à 60 % au stade final. Il entraine également des modifications du raisin telles que la dégradation de l'acide tartrique, la synthèse du glycérol et de polyols, la synthèse de « mauvais » acides (pouvant mener vers la pourriture grise), la synthèse de la botryticine (qui tue les levures) ou la modification des arômes du raisin, par exemple. Les raisins botrytisés sont vendangés en plusieurs « tries », parfois grain par grain, selon la qualité du travail effectué sur le domaine, d'un stade pourri à un stade extrême de raisin confit. Les rendements vont ainsi d'une vingtaine d'hl à l'hectare, à 8 hl/ha dans les meilleurs cas.

Les vins produits sur chacune des rives ne bénéficient pas des mêmes terroirs, car la vallée est dissymétrique. Sur la rive gauche les terroirs de Sauternes sont des argiles marneuses de l'oligocène reposant sur des argiles du miocène (ère tertiaire). A Barsac on trouve en surface des sables rouges qui reposent sur du calcaire à astéries. Sur la rive droite, le coteau de Sainte-Croix du Mont est formé d'un extraordinaires banc d'huitres fossiles, calcaire donc avec, en surface des argiles de décalcification, et quelques îlots de graves. Des deux côtés les cépages sont identiques : c'est le sémillon qui est le plus favorable aux grands liquoreux. Il est associé au sauvignon et à la muscadelle en petites proportions.

La botrytisation du raisin produit des vins aux arômes particuliers. On trouvera ainsi des séries aromatiques de différentes familles. Notes confites, de fruits confits, de sucre cuit jusqu'à caramel, des notes fruitées de fruits exotiques, d'agrumes ; des notes miellées, avec les nuances de miel de tilleul, de tournesol, d'acacia...

Avant de passer à mes notes de dégustation, je veux revenir sur les accords possibles avec ces vins merveilleux. Les accords cités au début de cet article, ne doivent pas être négligés : le foie gras sera d'autant un bon compagnon qu'il sera accommodé poêlé avec des fruits, exotiques (mangue par exemple) ou de chez nous, comme la figue. Un merveilleux roquefort de chez Carles (ensemencé naturellement à la mie de pain) mettra en valeur nos liquoreux.

D'autres accords sont classiques mais un peu oubliés : savez-vous que la poule au pot se marie fort bien, de même que le poulet rôti, l'osso-buco, la blanquette de veau, les poissons plats les plus nobles (turbot, barbue) cuits pochés et accompagnés de sauce crémée (telle que sauce hollandaise, sauce blanche, sauce maltaise), mais aussi les crustacés et le homard en particulier. Lors de la dégustation de Sainte Croix du Mont les viticulteurs proposaient des alliances plus originales avec des préparations épicées, éxotiques, des aigre-doux par exemple : tartare de canard des Landes aux câpres et échalottes rouges, tartare de saumon frais aux herbes, pâte à tartiner de curry de volaille au cerfeuil, mousseline de melon à la menthe et au Ste Croix du Mont, mousseline de fruits exotiques, mousse de persillé (fromage bleu) et noix du Périgord...
Essayez ces accords, vous renouvellerez l'animation de votre table, par la surprise et la discussion. L'année 2007 a produit des liquoreux tout à fait remarquables à Bordeaux. Redécouvrez les sensations que ces vins magiques, nés d'une nature originale et du talent de l'Homme procurent. Vous pouvez les apprécier jeunes, sur la vigueur, la richesse de leur fruit. Si vous savez patienter de 6 à 15 ans minimum, selon le cru, le temps aura fondu le sucre et la complexité portée par le terroir se sera affirmée. Ils vous offriront alors les plus extraordinaires des sensations.

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 23:06

Voilà quelques temps que je n'étais pas passé chez Michel Couvreur, et, de nouvelles qualités étant mises sur le marché, j'étais impatient de les découvrir. Michel Couvreur élève ses whiskies "à la main", tels qu'on pouvait en trouver dans les fumoirs ou les salons de la gentry écossaise de l'époque victorienne. Les vins de Jérez étaient importés au Royaume-Uni par le port de Bristol, en fûts, et mis en bouteilles sur place. Les Ecossais achetaient à bas prix ces fûts vides qu'ils utilisaient pour l'élevage de leurs meilleurs single malts. Pour Michel Couvreur le whisky est "la fécondation d'un distillat de céréales par une hiérarchie des meilleurs bois", à l'exclusion de toute notion de cru, pure invention marketing dans le cas de cet alcool. C'est avec patience qu'il élève ses whiskies, qui, en effet n'ont rien à voir avec la production industrielle.Un-butt-venu-de-chez-Macallan-copie-1.JPG
Un fût venu de chez Macallan

Prenons ensemble la route des hautes côtes de Beaune, qui mène dans le village de Bouze-le-Beaune, où se trouve ce petit paradis. Nous goûterons d'abord les vins de Jerez, "libérés" des fûts si utiles. Mis en bouteilles à leur arrivée en Bourgogne, ils perdent leur appellation de Jérez et sont proposés sous le nom de "vins de liqueur andalous".
PALOMINO FINO OLOROSO : (18 ans de fût). Le palomino fino est le cépage. "Oloroso" signifie littéralement "odorant". La couleur est ambrée. Le nez est sur les fruits secs, arômes de noix, épices douces. La bouche est très ample et riche. Très long en bouche. **
P.X. : (entre 19 et 22 ans de fût). Le cépage est le Pedro Ximenez, qui sert à élaborer ce que les britanniques nomment "Cream Sherries". Presque opaque, brun presque noir. Arômes d'agrumes, de kumquat, épices, noix, thé, cacao...La bouche, très dense (plus de 450 g de sucre présent), n'est cependant pas pateuse. D'une grande longueur, c'est un vin superbe. ***

Les whiskies : Les photos vous montreront des fûts entierement noirs. Ils sont peints ainsi pour emmagasiner la chaleur nécessaire au développement de la "flor" qui donne son originalité au Fino de Jérez.

GRAIN SCOTCH WHISKY : C'est en fait un blend qui contient 60 % de single malt. On sent une très belle tourbe, mais aussi de la bruyère sêche, du tabac blond. La bouche est soyeuse. **
MICHEL COUVREUR'S CLEARACH : C'est un jeune whisky qui a bénéficié d'un court élevage luxueux. On est beaucoup sur l'amande, la crême frangipane, les agrumes. Bouche ample et souple avec en fin de bouche, des souvenirs de vieux marc. Très plaisant. *
OVERAGED SCOTCH WHISKY : Ici commence l'ascension...Assemblage de 54 malts de 12 à 27 ans, il est en effet, "hors d'âge". Doux, rond, légèrement fumé, soyeux, élégant. Il est sans doute plus équilibré (et moins tourbé) que par le passé. **
FLEETING : (ou "éphémère") Un peu plus boisé, très expressif, extrêmement fruité, vanillé. Il a bénéficié de 11 ans en fût de bourbon, puis 3 ans en fût de Palomino. Il y a de la sucrosité, du vanillé, de la noix de coco, de la souplesse. C'est un whisky extrêmement séducteur. **
SPECIAL VATTING : Assemblage de trois single malt/single cask. Perception fumée d'entrée, puis des notes de noix, de tabac. Moins tapageur que le précédent, il joue la partition de l'élégance et de la discrétion. **
BLOSSOMING AULD : Très vieux fûts de PX. Agrumes et fleurs en début de bouche, puis fruits secs. Grande complexité, suavité. Il faut dire que ce grand whisky a 18 ans d'élevage. Il titre près de 47°, totalement insensibles tant l'alcool est enrobé et l'équilibre parfait. A savourer seul, comme le grand alcool qu'il est. ***

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Là est le Blossoming Auld

TRANSITION : 22 ans d'élevage, double élevage bourbon/oloroso. C'est plus vif, plus tranchant. Elégant, vertical, avec cependant de la discrétion. La sucrosité du fût de bourbon est superbement balancée par l'oloroso, et c'est fondu. **
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Ici vieillissent et s'affinent les vieux malts

DIS CLOSURE : Elevage double, 8 ans en palomino oloroso, 2 ans en PX. C'est le principe du caramel au beurre salé. L'enrobage final lui apporte du fondu. Agrumes confits, puis arômes de végétal, céleri, foin. **
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Vieux flacons d'élixir

Ceux qui ont eu l'occasion de déguster les merveilles produites par Michel Couvreur partageront mon enthousiasme. Je ne peux qu'encourager les autres à faire cette découverte, en oubliant ce qu'ils savent du whisky. Les mots sont imparfaits et insuffisants pour traduire les émotions gustatives. J'espère seulement les avoir approchées ici.

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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 17:19

Le 8 décembre dernier, nous étions quelques-uns à partir en "pélerinage" gourmand au Domaine de la Tuilerie, en Bas-Armagnac, où avait lieu le grand moment annuel : la distillation (en bus, pour plus de sureté). Comme le domaine est petit, trois jours suffisent pour produire trois pièces de ce qui deviendra un magnifique, un grand, Bas-Armagnac. L'alambic a été acheté il y a quelques années, car, avant 1986 c'est un distillateur itinérant qui venait opérer chaque année, comme dans de nombreuses propriétés de l'Armagnac. C'est un alambic en cuivre, bien sûr, fabriqué en 1949, qui fonctionne au bois. C'est un appareil rustique, à la simplicité biblique, qu'il faut démonter entièrement avant et après chaque utilisation. Colette et Jean-Louis, nos hôtes, ont choisi d'utiliser du bois de charme, à la chauffe douce et régulière. Jean-Louis Hugon, très pédagogue, se fait un plaisir d'expliquer le fonctionnement de ce bel appareil, qu'il faut savoir écouter, toucher, pour accompagner ce que la nature a offert cette année, différent de ce qu'elle avait offert l'an dernier. C'est un plaisir auquel il est difficile de résister, que de glisser son verre à la sortie du petit tuyau, et de humer les superbes arômes de poire et de prune de l'eau de vie blanche.

Mais ce pèlerinage est aussi l'occasion d'un repas très convivial où on déguste une superbe garbure, une salade de gésiers, une daube de noël (au vin blanc) accompagnée de pommes de terres sautées. Autour de la table, les conversations agréables et animées se multiplient. J'ai eu la chance de faire face à des amateurs venus de Suisse, sur la route de ...Lourdes.

A la fin du repas, après le café, on passe au "brûlot". Il faut dire que tout le monde attend ce moment, car il est à la fois spectaculaire et...délicieux. On remplit une bassine à confiture en cuivre d'eau-de-vie blanche, on ajoute un bon kilo de sucre, on mélange, on chauffe jusqu'à ébulition et on met le feu. Pour aérer la préparation, pour accélérer la combustion, chaque participant vient à son tour faire tomber en cascade le précieux liquide dans la bassine. A tout seigneur, tout honneur, c'est Jean-Louis et sa fille Lola qui donnent l'exemple. Puis, quand la moitié (enfin, presque...) de l'alcool a brûlé, on couvre la bassine pour arréter le feu, et on plonge dans le liquide fumant des écorces et des quartiers d'oranges. A déguster avec modération...autant que possible!

Plus tard dans l'après-midi, on passe encore à la visite du chai où dorment les millésimes passés, en cours de veillissement. Bien sûr, Colette Remazeilles est fière de faire déguster ses nectars, et bien sûr, ils sont sources de commentaires comparatifs et enthousiastes, d'autant que les dégustateurs ont abandonné leurs inhibitions éventuelles plus tôt dans la journée.

Heureusement le bus nous ramène vers Bordeaux, nous laissant le temps de retrouver calme et  quiétude. Je parierais qu'il y aura des amateurs pour revenir à la distillation, fin 2007. En attendant, j'espère vous avoir fait vivre ce superbe moment. Je remercie mon ami Alexandre de Montesquieu pour ses magnifiques photos, qui rendent, mieux que des mots, ces moments chaleureux. Par les temps de Prohibition qui nous menacent, il est heureux de pouvoir encore en connaître de cette qualité.

Bonne année 2007 à tous!

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13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 16:26

focus …n°20

 

 

 

 

 

 

 

 

Château GRAND CORBIN DESPAGNE

 

 

 

 

Saint-Emilion Grand Cru A.O.C.

 

 

 

 

Grand cru classé au classement de septembre 2006

 

Consorts Despagne propriétaires

 

François Despagne, Gérant

 

33330 Saint-Emilion.

 

 

 

 

En ce bel après-midi du 7 novembre, les vendanges sont achevées à GCD, lorsque François Despagne m’accueille. Plusieurs dégustations rapprochées m’ont amené à m’intéresser à cette propriété que je connaissais assez mal auparavant.

LA PROPRIETE : La famille Despagne a constitué cette propriété à partir de 1812. C’est actuellement la 7ème génération qui est aux commandes. Avec 26 ha, c’est une grande propriété par rapport à la moyenne de Saint-Emilion. Elle est située au nord-ouest de l’appellation, aux confins de Pomerol. C’est d’ailleurs après avoir dépassé les châteaux l’Evangille et La Conseillante que la D244 nous mène à GCD. En cela, le terroir est assez proche des beaux terroirs de Pomerol : généralement argilo-sableux avec un sous-sol de « crasse de fer ». Le tout est réparti en 47 parcelles, qui commandent l’encépagement.

 LES VIGNES : Comme à Pomerol, c’est le merlot qui est ultra majoritaire (75%), complété par cabernet franc (20%) et cabernet sauvignon et malbec (5%). La densité de plantation est de 6600 pieds/ha, pour des vignes dont l’age moyen est de 35 ans. En contemplant les vignes quelques questions me sont venues. Tout d’abord, labourage ou enherbement ? Les deux, selon les parcelles, c’est le meilleur résultat qui commande. Mais même quand il y a enherbement, les vignes sont buttées à l’entrée de l’hiver. Je remarque ensuite la taille particulièrement soignée : les vignes sont taillées de façon à obtenir une grande surface de feuillage vers le haut (le rognage a été surélevé de 20 cm) pour augmenter la fonction chlorophyllienne, et ébourgeonnage, épamprage, de façon à aérer les grappes sur le bas. De même, un effeuillage raisonné est appliqué sur le bas du cep, pour permettre au soleil de favoriser le mûrissement avant les vendanges. Le tout est conduit en lutte raisonnée (label Terra Vitis), vendangé à la main, avec tri à la vigne puis au chai. Le millésime 2006 a donné un rendement de 36 Hl/ha, premier et deuxième vins confondus.

 VINIFICATIONS, ELEVAGE : Le château a été équipé de très belles cuves inox, larges, permettant une grande surface de contact entre le jus et les peaux, qui complètent les très anciennes cuves en béton qui ont été verrées au début des années 90. Elles sont toutes équipées d’un contrôle des températures. Les cuvaisons sont en général d’une durée de 25 à 30 jours. La fermentation malo-lactique est réalisée en cuves et en barriques pour une petite partie. L’élevage, de 12 à 18 mois se fait en barriques renouvelées pour un tiers ou la moitié selon les millésimes, avec collage au blanc d’œuf.

DEGUSTATION : C’est donc trois millésimes récents que j’ai eu l’occasion de déguster en peu de temps.

GRAND CORBIN DESPAGNE 2004 (Saint-Emilion GC) : Très belle couleur. Le nez, joliment boisé est très élégant, sur les fruits rouges, notamment la cerise, bien juteuse. C'est classique et très bien équilibré. Tanins fins, long, très bien. ***

GRAND CORBIN DESPAGNE 2001 (Saint-Emilion GC) : Très belle couleur, d’un pourpre vif. Le nez, joliment boisé est très élégant, beaucoup de charme. Très classique, mais un ton au-dessous du millésime précédent. Tanins fins, long, très bien. **

GRAND CORBIN DESPAGNE 1998 (Saint-Emilion GC) : La couleur est très fraîche. Le nez garde du fruit, mais, fondu et remarquable d'équilibre, avec une bonne fraîcheur. Superbe retour en bouche où apparaissent des notes truffées. Tanins élégants. Belle évolution, dans un beau classicisme. ***

Ces trois millésimes dégagent un style commun : pureté, netteté, élégance, noblesse, classicisme bordelais. L’extraction est menée sans excès, Ces trois vins gardent une belle fraîcheur qui en fera des compagnons précieux pour la table : pas d’esbroufe, mais digestibilité, plaisir. La commission du classement a vu juste en septembre 2006, en rendant à cette propriété son rang de Grand Cru Classé. D’autre part, les tarifs pratiqués sont tout à fait raisonnables par les temps qui courrent…

 

 

 

 

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9 juillet 2006 7 09 /07 /juillet /2006 23:33
focus …n°19
 
…SOLEIL LATIN…
Jacques et François Lurton sont particulièrement présents dans le monde hispanique, avec trois magnifiques propriétés : à Villafranca de Duero, en Espagne (70 ha à cheval sur les DOC Rueda et Toro), mais aussi en Argentine (350 ha dans la région de Mendoza) et au Chili, (250 ha dans la vallée de Colchagua, près de Lolol). Ils sont également importateurs de beaux domaines italiens. Je vous invite à découvrir quelques vins avec moi.
  
*      RUEDA blanc DOC, cépages Viura et Verdejo, Jacques & François Lurton propriétaires à Villafranca de Duero, Espagne. Arômes de pêche, d’abricot, magnifique pureté, c’est une remarquable réussite dans cette appellation depuis longtemps dédiée aux vins blancs.
 
*      RUEDA rouge DOC, cépage Tempranillo Jacques & François Lurton propriétaires à Villafranca de Duero, Espagne. Intense rouge grenat, avec de beaux arômes de fruits rouges (cerise), mais aussi épices, cuir, grillé, vanillé. Bouche ample, ronde, souple (tanins très mûrs). Sur toutes grillades.
 
*      Les ARDOISES du Château des ERLES, AOC Fitou, Jacques & François Lurton propriétaires à Cascastel des Corbières. Issu d’un terroir extraordinaire, battu par les vents, écrasé par le soleil d’été, rafraîchi par les nuits de montagne, il pousse sur des sols très maigres de schistes aux reflets verts, bleus, bruns. Syrah, grenache, carignan s’y mêlent pour offrir des arômes de fruits rouges, de garrigue, d’épices, avec des tanins très souples et une finale finement boisée.
 
*      FINCA LAS HIGUERAS Malbec Jacques & François Lurton propriétaires, Argentine. 225 ha ont été acquis en 1995, sur deux sites : Tunuyan Mendoza) à 1100 m d’altitude et Barrancas (plateau à l’est de Mendoza, 600 m d’altitude). Le malbec est le cépage roi en Argentine. C’est aussi le cépage historique de Cahors, il est présent à Bordeaux et dans le Loire sous le nom de Côt. De robe pourpre foncée, il offre des arômes de fruits rouges et d’épices. Les tanins sont très mûrs, fondus. Pour vos grillades.
 
*      CALATRASI ACADEMIA DEL SOLE Cépages Néro d’Avola et Shiraz, Sicile, Italie. Alliance de deux cépages, le Néro d’Avola, cépage très aromatique et épicé, très souple, et du shiraz (notre syrah) également aromatique, épicé, mais plus structuré. Il en résulte un vin de pur plaisir, magnifiquement « juteux », où les fruits rouges se mêlent. Souple, ample, il accompagnera les tomates farcies, la tomate en général, les brochettes, la ratatouille, les aubergines et les pates.
 
*      CECCHI BONIZIO, IGT Maremma Italie. La Maremma est une petite zone côtière de la Toscane. La famille Cecchi basée dans l’appellation Chianti, y produit avec le grand cépage de la Toscane, le Sangiovese, un vin très sympathique. Chargé de fruit (cerise) et de notes méditarranéènnes, il est rond, souple en bouche. On en profitera en le buvant jeune, même s’il a la structure pour vieillir quelques années. Sur tous plats d’été, pâtes, salades.
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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 16:03
…FACE À LA VAGUE…
 
*      LES BATEAUX par J&F Lurton, Vin de Pays d’Oc, cépages Terret et Sauvignon Vinifié en cuve, en évitant tout apport de bois pour garder le caractère du raisin. Plein de fraîcheur, on y retrouve les notes mentholées du sauvignon et une touche anisée, de fenouil apportée par le terret, cépage méditerranéen ancien, présent notamment sur les décrets de l’appellation Châteauneuf du pape.
 
*      LES BATEAUX, par J&F Lurton, vin de pays d’Oc, rosé de syrah. Même principe que le blanc. On y retrouve de beaux arômes de fruits rouges, cerise, mûre, framboise. Délicieusement parfumé, prêt à affronter les soirées d’été.
 
 
*      Domaine de la BEGUDE rosé, par G. Tari, A.O.C. Bandol. Ayant grandi à Château Giscours à Margaux, G. Tari a pour les beaux terroirs une passion. Sur cette belle propriété de 500 ha, au point le plus haut de l’appellation Bandol (400m d’altitude) il élabore un magnifique rosé issu à 40 % de mourvèdre, 20 % cinsaut, 25 % grenache, et 15 % carignan. Ce rosé très complet allie des vins de pressée et des vins de saignée. Couleur rose saumonée. Nez de fleurs blanches et d’agrumes. Bouche ample, onctueuse, offrant un grand plaisir. Pour crustacés et coquillages, poissons grillés il sera parfait.
 
*      PENFOLD’S Rawson’s Retreat Chardonnay, Australie. Produit par le plus réputé domaine australien, c’est un modèle des vins de ce pays. Il présente de beaux arômes de chardonnay, frais, ananas, poire, aubépine. Désaltérant, léger.
 
 
*      BERINGER Culinary Line, Chardonnay, Californie. Ici aussi, nous sommes chez l’un des gros producteurs californiens. De style boisé, vanillé, coco, très ample, on le mariera avec plaisir à un poulet grillé, à des plats exotiques, riz cantonnais par exemple, ou sucrés-salés.
 
*      SAVANAH Pinotage, Afrique du Sud. Cépage sud-africain, le pinotage a été crée en 1925 à l’université de Stellenbosch, par croisement de pinot et de cinsaut, que les sud-africains appelaient à tort « hermitage » jusque là. Très souple, il produit normalement des vins à boire sur leur fruit : cerise, herbes sauvages, mais aussi cannelle, peau de banane. Très original, il vous surprendra sur les grillades d’été, notamment de porc, et s’alliera sans problèmes aux mets épicés.
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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 08:24
focus …n°17
 
 
TERRASSES...
 
§     METHODE TRADITIONNELLE 2004, « Vin Mousseux de Qualité », Guy Bossard, Domaine de l’Ecu
45 % Folle Blanche, 25 % chardonnay, 20 % Melon de Bourgogne (Muscadet), 10 % Cabernet Franc pressés en blanc !!! Ne vous échappez pas. De ce mélange de cépages improbable naît un pur délice. Guy Bossard est l’un des plus grands vignerons du Pays nantais et travaille en bio-dynamie depuis vingt ans (Label Ecocert). Première fermentation avec levures indigènes, la deuxième avec levures champenoises. Repos sur lattes un an, élevage sur lies. Si le nez est discret, fleurs blanches, la bulle est fine. En bouche, délicieuse touche d’amande, de praline. L’apéritif idéal des chaudes soirées.
§     METHODE ANCESTRALE 2003, Domaine de la Haute Borne, Vincent Carême, Vouvray A.O.C.
100 % Chenin Blanc, sur terroir d’argile à silex et sous-sol calcaire (tuffeau). 35 hl / ha. Fermentation en cuve avec levures indigènes. A la fin de cette fermentation, mise en bouteilles pour finir la fermentation et acquérir la mousse, sans apport de levures ou liqueur. Non dosé. Elevage sur lattes 18 mois, dégorgé en juin 2005. Bulle fine sans agressivité. Beaux arômes de tilleul, un peu de cire, de miel. Très belle tenue. Très bel exercice de style dans cette élaboration difficile. Pour apéritifs câlins, ou comme vin blanc sec.
§     Château BONNET, Entre-Deux-Mers, André Lurton, propriétaire
Issu de la plus grande et plus célèbre propriété de l’Entre-Deux-Mers, ce vin reste une référence incontournable. 45 % de sémillon, 45 % de sauvignon, 10 % de muscadelle entrent dans sa composition. Macération pelliculaire, cuvaison à 18-20°, pas de barrique, précipitation des tartres par le froid. Très joli nez de sauvignon, de berlingot légèrement mentholé. Bouche ample, tendue, très précise.
§     Château VILLERAMBERT-JULIEN 2004, Minervois blanc A.O.C., Michel Julien propriétaire.
Issu de 35 % de Marsanne, 35 % de Roussane, 30 % de Viognier, assemblage très rhodanien, sur un terroir riche en magnésie. Rendements faibles : 30 hl / ha. Pressurage direct, pas de macération pelliculaire. Pas de fermentation malo-lactique, traitement par le froid pour éliminer les tartres. Nez très délicat, fleurs blanches, rose, pêche blanche, nougat. Bouche très unie et élégante. Très gourmand, un pur délice, pour poissons et crustacés.
§     HEHO, Le Rouge 2005, Vin de Pays du Jardin de la France, S. Batard, Dom. Des Hautes Noëlles
Vinifié par Serge Batard, ce vin est issu de 45 % de Grolleau Noir, 45 % de Cabernet Franc et 10 % de Gamay. Rendement 60 hl /ha. Vinifié en barrique pour le cabernet, en cuve pour les deux autres cépages. Pourpre violacé, il propose un nez très gourmand de fruits rouges, légèrement acidulé. Bouche souple, coulante, fraîche. Délicieux.
§     FRUISSANCE 2005, Domaine des HAUTS DE CAILLEVEL, Sylvie Chevalier-Ducrocq prop. Bergerac A.O.C.
Merlot 95 %, Cabernet Franc 5 %. Issu d’une macération pré-fermentaire puis d’une cuvaison courte de 10 jours. Nez fruité de cerise, de framboise, il est charnu en bouche mais très souple. Gourmand, il appelle les salades et les grillades d’été.
§     LES CHATELIERS 2004, Touraine Gamay A.O.C., Didier et Damien Richou, propriétaires
Très forte couleur, reflets violacés. Nez très serré, sur les fruits noirs, le cassis. Bouche ample très serrée. Beau et délicieux gamay, comparable à un cru de Beaujolais tels Fleurie ou Juliénas.
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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 14:31

focus …n°16

 

 

 

§     LES BATEAUX, Rosé de Syrah, Vin de Pays d’Oc, Jacques et François Lurton

 

Vinifié par Jacques Lurton et issu d’une sélection de raisins de la coopérative de Marseillan. Ce rosé de premier niveau recherche le rapport qualité-prix. Il propose une explosion de violette, cassis et épices. Un vin velouté et rond. Son étiquette en forme de voile est déjà tout un programme.

 

§     PINK, Château SAINT-ROCH, Vin de Pays des Côtes Catalanes, E & M Bournazeau propriétaires.

 

Rosé de Grenache, produit sur la commune de Maury, célèbre pour ses vins doux naturels. Riche, très marqué par la cerise juteuse, avec une rondeur gourmande. Souple, rond, son étiquette provocante est déjà une invitation aux éclats de rire.

 

§     Domaine des BOIS VAUDONS, Touraine rosé, Jean-François Mérieau propriétaire,

 

Rosé de Cabernet Franc. Sa couleur framboisée, ses fins arômes de framboise, de fraise, sa grande délicatesse, en font un rosé particulièrement désaltérant. Cultivé en culture raisonnée label Terra Vitis.

 

§     La CRESLE, Sancerre rosé, Domaine Laporte, propriétaire.

 

Rosé de Pinot Noir. Issu d’un terroir de « caillottes » (argiles à silex). Rose saumon, il développe des arômes de griottes, épices douces, fruits exotiques (litchi). Très léger, rafraîchissant, c’est un grand classique toujours apprécié.

 

§     Château BONNET, Bordeaux Rosé, André Lurton, propriétaire

 

Rosé de Cabernet Sauvignon 45 %, Merlot 30 %, Cabernet Franc25 %. Issu d’une courte macération à froid, vinification à basse température, le but est de conserver et magnifier les arômes de fruits rouges. Léger, gourmand, c’est l’archétype des meilleurs rosés de Bordeaux.

 

§     Château CASTENET-GREFFIER, Bordeaux rosé, F. Greffier, propriétaire

 

Rosé de Cabernet sauvignon à 10 %, Merlot, 70 %, et cabernet franc, 20 %. Issu d’une courte macération à froid, vinification à basse température, le but est de conserver et magnifier les arômes de framboise, grenadine. Léger, gourmand, c’est l’archétype des meilleurs rosés de Bordeaux.

 

§     Château de ROQUEFORT, Côtes de Provence, Raimond de Villeneuve, propriétaire

 

Rosé de Grenache 35 %, Syrah 25 %, Cinsault 25 %, Clairette 5 %, Rolle 5 %. Vinification complexe : saignée de grenache ajoutée à macération pelliculaire et presse pour les autres. A noter, la clairette et le Rolle sont des cépages blancs. Très rafraîchissant, il offre des arômes de framboise, groseille, abricot. Produit sur un versant nord en culture bio, il offre plus de fraîcheur que la moyenne des Provence.

 

§     TAVEL, Maison Guigal

 

Rosé de Syrah et Grenache. D’un rose profond, c’est l’un des plus célèbres rosés de France. Rosé de saignée, macération d’une nuit. Elevage inox, mise au bout de 6 mois. Robe rose saumon, arômes de fleurs et fruits, mais aussi belle minéralité. Faible acidité, puissance, en font un rosé de gastronomie.

 

§     Domaine de LA BEGUDE, Bandol, Domaines Tari

 

Rosé de Mourvèdre 40 %, Cinsault 20 %, Grenache 25 %, Carignan 15 %. Vinfication par 15 % de saignées de cuves de rouge, le reste étant issu de presse après macération à froid de quelques heures. Fermentation malo-lactique effectuée. Arômes de prunes, fruits blancs. . Beaucoup de fraîcheur. Le Domaine de La Bégude est cultivé en bio. A noter : les frères Tari ont été élevés au château Giscours à Margaux. C’est depuis 10 ans à La Bégude que la famille s’est déplacée.

 

§     Champagne BILLECART-SALMON, Brut Rosé :

 

Rosé issu de Chardonnay 40 %, Pinot Meunier 30 %, Pinot Noir 30 %, vinifiés en blanc, et Pinot Noir de Aÿ, vinifié en rouge. Fines bulles à remontée lente et persistante. Attaque élégante et fraîche et belle longueur. Dès l’apéritif, ou sur cuisine exotiques. Magnifiera un dessert à base de fruits rouges.

 

 

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